« Le Luthier fabrique une boîte à courant d’air
qu’un simple frôlement de crins transforme en émotion.
HISTORIQUE
1-La tradition française
La Tradition est la colonne vertébrale d'un métier, son identité. Dans de nombreux métiers d'art, la transmission est orale et visuelle. Une répétition des gestes, tout d'abord par imitation puis avec maîtrise, imprime des automatismes totalement indispensables à l'épanouissement et l'autonomie de chaque apprenti. Tel le musicien tout entier tourné vers sa partition, cette maîtrise permet de se libérer du geste pour parvenir à définir son propre concept et ainsi se libérer de l'emprise du Maître autant que faire se peut.
Mais cette tradition, enracinée dans le passé bien sûr, doit pour survivre générer la modernité, le contemporain, car elle ne se nourrit que d'idées fraîches, de créations et d'inventivités pour pérenniser et assurer la survivance du métier.
2-La méthode française
Parler de la "méthode française", c'est s'appliquer à démontrer l'exception de l'Ecole française dans le monde de la lutherie depuis le début du XVIlème siècle.
Les autres pays d'Europe comme l'Italie ou l'Allemagne, n'ont accédé au statut d'Etat que depuis le XIXème siècle, et sont constitués de mosaïques de régions, assemblées, avec leurs histoires différentes. C'est pourquoi il n'est pas rare de trouver des différences importantes dans les techniques de fabrication entre des régions pourtant voisines. (Milan, Naples, Crémone, Venise etc ... )
La puissance technique de l'Ecole française, tient directement à un état français centralisé depuis le XVIIème siècle et à une culture de la "Méthode".
3-Qu'est-ce que la méthode ?
La méthode est ce qui, après des siècles de pratique et d'évolution d'un métier, s'impose, à un certain moment, comme un principe épuré et rationalisé. Elle est l'aboutissement de recherches d'artisans successifs, dans l'exécution d'un travail donné.
Le luthier de l'école française ne peut s'empêcher, pour perfectionner son ouvrage, d'en rationaliser l'exécution.
4-La rationalisation
La rationalisation du geste est l'acquis primordial qu'enseigne l'Ecole française. Le fait que l'apprentissage ait été transmis durant des siècles en un seul lieu, Mirecourt, explique aussi la maîtrise et la qualité pédagogique de cet enseignement.
Ce métier ne peut donc s'aborder seul. Comme le jeune musicien fait ses gammes, l'apprenti luthier ou archetier, acquiert progressivement la maîtrise du geste par une pratique répétée sous la surveillance vigilante et l'observation attentive d'un maître au travail.
PRESENTATION DE L'ECOLE PRIVEE JEAN-JACQUES PAGES
Notre école propose un apprentissage, développé autour de cette méthode éprouvée depuis quatre siècles maintenant à Mirecourt, celle de la Tradition Française.
Son originalité :
Des élèves luthiers et archetiers (3 à 4 par an) groupés autour d'un Maître en exercice, recevant ainsi un enseignement par l'exemple, observant et reproduisant des gestes ancestraux.
Un type d'enseignement, entièrement tourné vers une pratique intense
(35 h00 par semaine), qui a prouvé depuis longtemps son efficacité, et est conseillé par nombre de Luthiers et Archetiers.
Cet apprentissage se déroule sur trois années (de 10 mois). Il consiste principalement à enseigner la fabrication de violons, d'altos et de violoncelles et de leurs archets selon la méthode française. Il est validé par un diplôme décerné par un jury de Maîtres-Luthiers Internationaux.
Au cours de la formation, des Maîtres-Luthiers, spécialistes interviendront dans des domaines particuliers (restauration, expertise, création de modèles, connaissance des bois et vernis etc…) permettant ainsi de découvrir et d'appliquer ces diverses techniques.
L'enseignement de la lutherie est assuré par Jean-Jacques Pagès,
-Maître-Luthier créateur, Expert près la Cour d'Appel de Nancy,
-Membre du Groupement des Luthiers & Archetiers d'Art de France,
-Membre de L'Entente Internationale des Maîtres Luthiers & Archetiers d'Art.
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- Avoir 18 ans minimum.
- Niveau scolaire : Bac
- Pouvoir comprendre et s'exprimer en français.
- Une pratique instrumentale est indispensable.
- Dossier de candidature à déposer avant la fin avril.
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Bienvenue sur le site de Jean-Jacques Pagès !
Essentiellement facteur d’instruments à cordes, il s’est spécialisé depuis 1977 dans la fabrication des instruments du quatuor à cordes. Il réalise ses instruments pour des musiciens nationaux et internationaux, pour des professionnels ou des amateurs.
Sa maîtrise dans la fabrication, son expérience dans l’acoustique instrumentale ainsi que son perpétuel besoin de recherche, lui permettent aujourd’hui d’ étendre sa production à des instruments baroques, violons, altos, violoncelles, violes de gambe, pardessus de viole ainsi que tout instrument rare pour répondre à des commandes particulières.
Prix et diverses distinctions ponctuent sa carrière.
Il sera à votre écoute pour réaliser l’instrument que vous recherchez.
Ou pour trouver celui qui correspondra à votre demande.
Sa formation
Il est initié à la musique dès son enfance au cœur d’une famille d’artistes et de musiciens.
1966 -Ecole de Lutherie de Mittenwald en Allemagne pendant 2 ans.
Formation dans l’atelier d’ Etienne Vatelot pendant une année en attendant la période militaire.
Etienne Vatelot le confie à Jean Eulry, luthier à Mirecourt pour deux ans et demi.
De retour à Paris, il est employé dans l'atelier d'Etienne Vatelot, en tant qu'ouvrier puis chef d'atelier. Pendant 7 années il y acquiert la connaissance de la restauration, de l'expertise et du réglage de sonorité des instruments à archet. Le contact quotidien avec les instruments des grands Maîtres lui permet de développer sa propre conception de la lutherie contemporaine.
Sa carrière
Il crée en 1981 le Festival des Cordes de Mirecourt, qui permet de recevoir chaque année de nombreux artistes de renommée nationale et internationale.
1977 Prix de la Fondation Marcel Vatelot.
1983 Diplôme National de Maître Luthier.
1984 Grand Prix Régional des Métiers d'Art.
1989 Lauréat du Concours International de Lutherie de Mittenwald (R.F.A.)
1995 Prix Renaissance Française (Ville de Paris)
2000 Prix Liliane Bettencourt "pour l'intelligence de la main" (SEMA)
A son tour il forme de nombreux apprentis luthiers, et créé en septembre 2003
l’Ecole Internationale de Lutherie d’Art Jean-Jacques Pagès, école privée de tradition française.
Expert près la Cour d'Appel de Nancy
Membre de l’Entente internationale des Luthiers et Archetiers d’Art (EILA)
Il exporte une grande partie de sa production ( Europe, Asie etc...) et participe régulièrement à des manifestations et salons nationaux et internationaux.
J.J.P crée depuis 1977, violons, altos et violoncelles avec une exigence de grande qualité. Ses instruments sont réalisés à la main dans des bois soigneusement choisis et séchés dans ses greniers.
LE BOIS
L’une des composantes majeures de la réussite d’un instrument de musique
repose sur le choix du bois.
Le luthier le choisit ni trop jeune, ni trop vieux, ni trop sec...
L'âge idéal de vieillissement se situe aux alentours de 15 à 20 ans, lorsque les
pores se sont vidés et resserrés; le bois vibre alors dans sa plénitude.
Deux types d'essence entrent dans la composition d'un instrument du quatuor.
L'épicéa, fragile et sonore, fournit la table d'harmonie. L'érable, dense, solide
mais souple, fournit le fond de l'instrument, les éclisses et le manche.
Lorsque l'instrument est achevé, par l'une des deux ouïes découpées dans la
table, le luthier introduit "l'âme", petit cylindre de bois magique qui apporte la
dernière touche à la qualité du son.
Créer un quatuor signifie tailler toutes les pièces dans un bois qui vient de la
même grume. Le violoncelle, l'alto, les deux violons de cet ensemble se
composent chacun de quatre vingt dix pièces environ. Les quatre éléments
doivent être travaillés, assemblés, vernis simultanément, de sorte que cette
famille s'épanouisse dans des conditions strictement identiques.
La teinte:
Les teintes chaudes et profondes d'un vernis ne doivent pas altérer la qualité
du son. Elles comblent le regard.
Du XVI ème au XVIII ème siècle, les vernis étaient souvent réalisés par
l'apothicaire pour le corps des luthiers de la ville.
Cette robe les liait à une école particulière: l'Ecole de Naples, de Venise, de
Paris.
Les variations de nuance et de profondeur proviennent des pigments du vernis,
de la façon de le passer - toujours au pinceau - du nombre de couches et du
temps de séchage. Aujourd'hui, chaque luthier possède sa propre recette et ses
propres méthodes d'application. Sur chaque instrument, Jean-Jacques Pagès
dépose 15 couches de vernis à l'huile. Réalisée simultanément pour un
quatuor, cette opération demande 5 heures de vernissage par jour, et 1 mois
de séchage; un long investissement de patience.
LES MODELES :
Les modèles utilisés ont été longuement affinés au contact des artistes pour arriver à un résultat que vous devez connaître ; lorsque vous vous déciderez à acquérir votre instrument, n’hésitez pas à venir à l’atelier.
Les autres activités de fabrication : les commandes particulières
(joindre accès aux instruments spéciaux, viole de gambe, guitare)
Les instruments baroques mais aussi des copies d’instruments anciens. Ou encore des instruments d’une taille particulière pour une meilleure adaptation au musicien.
Nous pouvons envisager vos demandes précises.
Entretien, réglages, réparations, restaurations.
Service de location.
Expertise.
Achat et vente d’instruments .
Nous pouvons vous proposer ou rechercher pour vous tout instrument de qualité.
L’atelier est ouvert tous les jours aux heures de bureau, excepté le samedi matin. Congés annuels répartis à Noël, au printemps, en été.
Prendre rendez-vous de préférence.
Onglet : Le quatuor « Jas. Hennessy », un événement.
Le Mécénat retrouvé
(Joindre un accès au instruments du quatuor Hennessy)
1990 : Le mécénat musical retrouve ses origines puisque, pour la première
fois depuis plus d'un siècle, un mécène, Hennessy, commandait à un luthier
français, Jean-Jacques Pages, un quatuor à cordes.
Seul le mécénat pouvait redonner vie à une dynamique interrompue au siècle
dernier: commander à un luthier une famille d'instruments fait du bois d'un
même arbre, vibrant d'une même harmonie, pour les offrir à un jeune
quatuor, "le Quatuor Anton"
Le choix d'Hennessy se justifiait par la similitude qui existe entre l'art de créer
un cognac et la musique : harmonie entre tradition et avenir, entre l’œuvre de la nature et le travail de création de l’homme, entre culture régionale et dimension internationale.
Le "Quatuor Instrumental Hennessy" - un violoncelle, deux violons et un alto –
a été remis officiellement, au quatuor russe Anton, le 16 octobre 1991, au Musée
Carnavalet.
En proposant à un jeune quatuor de poursuivre sa carrière avec cet ensemble
instrumental contemporain, c'est l'esprit même de la Musique qu'Hennessy
retrouvait alors.
En effet, si cette tradition du "mécénat" existait encore au XIXème siècle
- citons en exemple la commande du Comte Doria au célèbre luthier Jean-
Baptiste Vuillaume - elle a été abandonnée au XXème siècle.
Aussi, à l'heure actuelle, fabriquer un quatuor destiné à des quartettistes de haut
niveau, c’est pour le luthier réaliser son chef-d’œuvre.
Une parfaite maturité professionnelle était indispensable pour relever le défi
d'autant plus important qu'il est rare dans la profession, hier comme
aujourd'hui.
LE DISCOURS DE YEHUDI MENUHIN AU MUSEE CARVAVALET
« Bonsoir, j’aurais aimé être parmi vous ce soir pour fêter l’heureuse initiative de Jas. Hennessy & Cie en faveur de la musique, mais mon travail me retient à Londres. Alors, je suis là par le cœur et la pensée pour vous dire combien j’applaudis ce que célèbre cette soirée.
Tout d’abord, cette commande d’un véritable quatuor à cordes à un Maître de la lutherie française redonne vie à une ancienne tradition européenne. C’est l’esprit même de la musique que nous retrouvons puisqu’il n’existait plus à ce jour d’instrumentistes jouant sur un véritable quatuor. Vous allez sentir, entendre un équilibre des sons d’une parfaite harmonie émanant de ces quatre instruments qui vibrent d’une même essence. Ce quatuor, fabriqué à l’aube du 21ème siècle, va faire résonner à travers le monde un accord, une homogénéité et une osmose musicale qui n’avaient plus été créés depuis le siècle dernier. »
Ce moment exceptionnel que j’aurais vraiment aimé écouter, respirer et vivre avec vous, vous le devrez aussi au talent du jeune quatuor Anton à qui la maison Jas. Hennessy & Cie a choisi d’offrir le quatuor de Jean-Jacques Pagès. Heureux s’ils vivent de leurs quatre talents parfaitement accordés et mesurent réellement la chance qui leur est donnée de jouer ce violoncelle, cet alto et ces deux violons faits du même bois.
Je vais vous laisser profiter de l’instant et je me joins à vous tous, pour applaudir cette rencontre entre le mécène, le luthier et les musiciens.
Sir Yehudi Menuhin
L’HARMONIE
« Le quatuor est une philosophie, un art de vivre ensemble de quatre musiciens à la recherche de l’harmonie » .
L’homogénéité sonore est la condition sine qua non de ce type de formation. Pour parvenir à cette osmose, chaque musicien conjugue la musique au pluriel.
Pour baptiser un quatuor instrumental idéal, il ne suffit pas de rassembler deux violons, un alto, un violoncelle d’auteurs et d’époques différents, aussi bons soient-ils pris individuellement.
Le luthier travaille dans le même esprit : il conjugue les timbres instrumentaux pour faire éclore une entité nouvelle et cohérente.
Onglet : « Les Anciens et les Modernes »
PETITE HISTOIRE DE LA LUTHERIE
Amati, Stradivarius, Guarnérius, Bergonzi... Le temps n'a pas conservé la
mémoire de ces noms par hasard. Ils rythment l'époque la plus féconde de la
lutherie.
Si dès le XVIIème siècle la lutherie italienne s'impose, au même moment les
premiers contrats d'apprentissage sont signés à Mirecourt qui devient ainsi le
berceau de la lutherie française.
Au XVIlIème siècle, la lutherie mirecutienne essaime vers la capitale où
brilleront les noms des grands facteurs tels Pierray, Bocquet, Guersan,
Castagnéri qui créeront ce "style" si typique de ce que l'on appelle aujourd'hui,
"l'Ecole vieux Paris".
C'est au XIXème siècle, avec l'apparition du quatuor à cordes, et l'évolution de
la musique symphonique, que les luthiers français porteront au plus haut la
maîtrise de leur art. Lupot, Vuillaume, Gand, Bernardel... sont passés de l'état
d'artisan à celui d'artiste.
A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, la demande est si importante
qu'elle fait naître l'industrialisation. C'est l'époque des grandes fabriques de
Mirecourt qui produisent des milliers d'instruments présents sur tous les
marchés.
Le mythe de l'instrument italien du XVIIIème siècle d'une part, sa valeur
marchande d'autre part, transforment progressivement les luthiers, si créatifs
un siècle plus tôt, en commerçants. On travaille moins bien, la création se tarit.
Même si, de grands maîtres luthiers continuent à offrir le degré de perfection
dans l'art qu'il pratiquent, la confiance en une lutherie contemporaine
s'estompe.
Pourtant, les instruments ayant traversé plusieurs siècles ne sont pas seuls aptes
à satisfaire les musiciens. un instrument médiocre ne "mûrit" pas miraculeusement
au fil du temps: seuls les grands instruments, anciens ou contemporains,
peuvent s'imposer de façon durable.
Il faut attendre la fin du XXème siècle pour voir émerger les créateurs de la facture
instrumentale contemporaine française.
Bien plus qu’une estampille, la voix de l’instrument signe l’œuvre.
(faire entendre un morceau du quatuor Anton)
« Les instruments des grands luthiers d'aujourd'hui
ont retrouvé la sève des mythes de demain. »